J’ai 13 ans et je vis à Siraumarca, dans la région Ancash, au Pérou.


Siraumarca est un joli village, qui se trouve sur les hauteurs de la ville de Sihuas.


On y arrive après 1h ½ de montée sur un petit chemin de pierres très pentu. On peut aussi y passer avec des ânes, c’est bien pratique pour transporter nos courses !

Tous les jours je vais au collège de Sihuas. Je me lève vers 5h, et je prépare le petit déjeuner pour moi et ma petite soeur Pamela qui a 5 ans. J’utilise des farines de différentes céréales ou légumes qu’écrasent ma maman : du blé, du mais, ou parfois des petits pois ou des fèves. Je mélange ces farines avec de l’eau et un peu de sucre. Puis je fais bouillir le tout sur notre petite cuisinière en terre, que j’allume avec des brindilles sèches et des coeurs de mais. Si nous avons du lait, j’en mets aussi un peu, c’est encore meilleur. Quand c’est prêt, je réveille ma petite soeur et nous prenons le petit déjeuner ensemble.

Je pars de la maison à 5h45 et je descends vite le chemin, car je connais tous les tournants et toutes les pierres ! Je dois arriver à l’école avant 7.00. Là, nous « nous formons », cela veut dire que nous formons des files indiennes par classe dans la cour. Nous chantons l’hymne du Pérou, et parfois une autre chanson, accompagnés par la fanfare de l’école. Puis un professeur nous donne les informations du jour, et quelques élèves disent une devinette ou une plaisanterie. Les cours commencent à 7h30.

A 13h, nous terminons les cours, et je remonte chez moi pour déjeuner. Je suis bien fatiguée quand j’arrive, mais je trouve souvent préparés d’avance plusieurs sortes de pommes de terre de notre champs cuites à l’eau, du mais grillé, de la soupe. J’aime bien éplucher mes pommes de terre et les faire tremper dans ma soupe. Après manger je vais garder nos animaux au pâturage ou j’aide à ramasser le maïs, et je tisse aussi parfois sur le métier de maman : des couvertures, des besaces pour mettre sur notre âne...

Jusqu’à la semaine dernière, je devais aussi préparer mes affaires pour l’école : chaque professeur veut qu’on couvre nos cahiers. C’est vrai que pendant les trajets, quand je cours sur les sentiers, mes cahiers ont la vie dure ! A partir du collège nous avons un professeur par matière et chacun demande de couvrir les cahiers d’une couleur précise ! Le problème c’est que dans les campagnes, il n’y a pas forcément un professeur compétent pour chaque matière. Dans mon collège il n’y a pas de « vrai » professeur d’anglais, et on demande donc à certains professeurs à qui il « manque » des heures d’assurer les cours d’anglais... Mais nous, on sait très bien qu’ils n’y connaissent pas grand chose...

Moi ce qui me plaît, c’est la littérature, mais je ne crois pas que je pourrais aller à l’université car mes parents ont besoin de moi pour les travaux des champs et pour s’occuper de ma petite soeur.