L’age d’entrée des enfants au primaire est normalement de 6 ans et est constitué de six niveaux, numérotés de 1 à 6. Les enfants sortent normalement à l’âge de 11 ans. Ensuite, ils peuvent, soit entrer directement dans la vie active, soit poursuivre les études du secondaire qui dure cinq ans.

Il existe près de 24.000 écoles au Pérou qui n’ont pas les six professeurs nécessaires pour que chacun enseigne à un seul niveau. Ce chiffre correspond à 73% des écoles primaires du pays, à 33% des enfants scolarisés et à 34% des professeurs en poste. Cela signifie que ces professeurs enseignent à plus d’un niveau à la fois, comme peut le faire un professeur de CP-CE1 en France.

Dans environ un tiers des cas, il y a trois professeurs, chacun enseignant deux niveaux (1-2, 3-4 et 5-9); dans les autres cas il n’y a que deux professeurs ou un seul pour enseigner tous les niveaux.

Les efforts importants réalisés par le gouvernement péruvien dans les années 90 pour augmenter le taux de scolarisation se sont concrétisés par la construction de nombreuses nouvelles écoles multi niveaux ou mono-professeur. Ces écoles se trouvent, dans plupart des cas, dans des zones difficiles d’accès, souvent peuplées par des communautés indigènes pauvres et dont, bien souvent, la première langue n’est pas l’espagnol.

Une étude de 2004 montrait que de ces écoles multi niveaux, seules 40% ont accès à de l’eau courante, 20% possèdent des toilettes, 10% l’électricité et 2% une cantine.

Les heures d’enseignement sont très inférieures à la moyenne, avec des semaines scolaires réduites à 3 ou 4 jours. Cela est dû aux difficultés de déplacement des professeurs qui ne vivent souvent pas sur le lieu de travail et à la casi-absence de contrôle qu’ont les autorités éducatives de ces écoles. Les enfants eux-mêmes ont moins de temps à consacrer à l’école. Environ 30% des enfants âgés entre 6 et 17 ans travaillent en plus d’aller à l’école. Souvent ils aident leurs parents aux travaux agricoles ou aux travaux ménagers. Dans la campagne, ce pourcentage augmente considérablement.

A cette situation il faut ajouter une situation de grande pauvreté des populations rurales. En effet, environ 50% des péruviens vivent avec moins de 3 euros par jours et environ 20% vivent avec moins de 1,5 euros par jour.

Résultat : l’éducation rurale au Pérou est en échec chronique. 12 à 15% des enfants arrêtent l’école avant la fin du primaire, et une grande majorité ne finissent pas à l’âge prévu. 90% des enfants terminent le primaire sans pouvoir pouvoir comprendre l’idée principale des textes qu’ils lisent.

Le contexte rural andin : des habitats souvent très très dispersés.

Santa Isabel, une école avec deux professeurs pour enseigner les six niveaux du primaire.

Quand les élèves ne sont pas là, le bâtiment paraît bien isolé...

Les enfants se construisent souvent leurs jouets à partir de chutes de divers matériaux. Ici un ...

La richesse culturelle est un atout majeur sur lequel peut compter les écoles rurales.

Les enfants des zones rurales développent des talents très divers...

Un aspect positif de l’école rural est que le nombre d’enfants par classe y est souvent réduit.

Un avantage important de ces écoles : le grand air et l’espace !

Alors que tout le monde est d’accord sur le fait que l’école rurale est très importante pour le pays (elles représentent les trois quarts des écoles du pays), personne ne connaît encore la recette pour y améliorer la qualité de l’enseignement :

  • Le premier problème est celui du financement de l’éducation : les autorités éducatives régionales et locales n’ont pas encore les moyens suffisants pour atteindre ces zones.

  • Ensuite se pose le problème de la formation des professeurs. Ceux-ci reprochent de ne pas avoir été préparés à enseigner à deux, trois, quatre ou six niveaux à la fois. Ils sont souvent abandonnés à leur sort pour faire face aux situations problématiques qu’ils rencontrent et qui sortent souvent du cadre purement scolaire. En effet, l’école et le professeur sont beaucoup sollicités par les populations locales qui y voient la présence d’une autorité et la chance d’un meilleur avenir pour leurs enfants.